Arctique : "Route polaire de la soie" et intérêts stratégiques français à l'horizon 2030

                                                                      Rédigée par Paco Joubard en avril 2018

Avec un nombre croissant d’investissements dans la région, la Chine défend son appartenance à un « proche-arctique » et a su se rendre indispensable à la mise en valeur et au développement du « dernier laboratoire de la mondialisation ». Avec la fonte des glaces induite par le réchauffement climatique, de nouvelles routes maritimes et leurs lots d’opportunités économiques se viabilisent avec pour conséquence un regain d’intérêt de la part des grandes puissances pour ce « désert géopolitique » un temps délaissé. Pour la Chine en particulier, l’ouverture du Passage du Nord-Est (PNE) ainsi qu’une possible « route transpolaire » lui permettraient en partie de résoudre son « dilemme de Malacca » et de connecter davantage son économie au reste du continent eurasiatique. C’est en ce sens que le pouvoir à Pékin a décidé, en partie par une déclaration de novembre 2017, complétée par la publication en janvier 2018 d’une China’s Arctic Policy, de rattacher la stratégie globale de ses investissements en Arctique à l’initiative Belt & Road (BRI). Le PNE viendrait donc compléter le schéma des nouvelles routes en contournant le continent par le Nord, indexant de fait les investissements arctiques aux programmes d’investissements et de financement de la BRI. Armé d’une stratégie d’ensemble cohérente basée sur les principes de « respect, de coopération, de résultats gagnants-gagnants et de durabilité », le projet de « route polaire de la soie » a cette particularité d'apparaître davantage autonome que les autres axes de la BRI.

 

La France, nation de Paul-Émile Victor, dispose d’une expérience non négligeable en milieu polaire de par son histoire et son poids géopolitique. Fébrile à l’idée de s’engager en Arctique, elle dispose pourtant largement des capacités à revendiquer une place dans la région. Assurée de bénéficier de la stabilité du régime chinois sur le long terme ainsi que de l’ambition certaine du géant asiatique, la France peut se demander en quoi la volonté chinoise de développer la région arctique et de s'y imposer comme un acteur de choix via l'initiative B&R, peut-elle lui permettre de faire valoir, de manière plus concrète, ses intérêts stratégiques sur le long terme ?

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Route polaire de la soie - Interets stratégiques français 2030
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Les îles Kouriles : un obstacle perpétuel entre Russes et Nippons

Rédigée par Lucas Moro en Janvier 2016

 

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Voilà maintenant 60 ans que le gouvernement Japonais dispute la souveraineté des 4 îles du sud de l’archipel des Kouriles administrées actuellement par la Russie. Ces îles en questions (Etorofu, Kunashiri, Shikotan et Habomaï – cette dernière constituant en réalité un petit archipel – selon l’acceptation japonaise) entachent les relations entre ces deux pays à tel point qu’elles semblent trop souvent se calquer sur ce contentieux. Et pour cause, l’absence d’accord sur ce sujet empêche toujours aujourd’hui la signature d’un traité de paix entre les deux Etats faisant suite au second conflit mondial. S’il s’inscrit dans le temps, ce conflit territorial n’en demeure pas moins intriguant. En effet, le Japon, puissant économiquement ne semble pas avoir besoin de ces îles ; quant à la Russie, elle possède déjà un grand territoire qu’elle a parfois du mal à contenir.

 

Ainsi, quels sont les sources du conflit russo-japonais concernant la maîtrise des « Kouriles du sud » ?

 

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Les enjeux de la présence américaine au Japon: le cas particulier d'Okinawa

Rédigée par Hélène Godin en Décembre 2015

 

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Après la Seconde Guerre Mondiale, le Traité de Sécurité États-Unis-Japon prévoit l’installation de bases militaires américaines sur le sol japonais. Ces bases sont aujourd’hui principalement celles de Yokota et Misawa, Zama, Iwakuni, Yokosuka, Atsugi et Sasebo sur le bloc centralinsulaire, et surtout celles situées dans la préfecture Okinawa , à plus de 1500 kilomètres au sud-ouest de Tokyo. Elles cristallisent un débat social important, qui ressurgit régulièrement en tant que “problème” d’Okinawa, base à la dimension géostratégique cruciale tant pour le Japon que pour les États-Unis (EU), et les pays voisins. La préfecture supporte à elle seule 74% des forces américaines au Japon , ce qui a de lourdes conséquences sur la vie de la population locale, qui y est opposée en majorité. Dès lors, de nombreux acteurs vont agir, pour la protection de leurs intérêts, afin de renforcer ou d’affaiblir la présence américaine.

 

Quels sont les enjeux attachés à la présence militaire américaine au Japon, en particulier à Okinawa, quels sont les différents acteurs en faveur ou en défaveur de la présence militaire américaine au Japon, et quelles peuvent être les perspectives d’évolution ?

 

Les évènements récents confirment que ces bases représentent un atout géopolitique capital pour les gouvernements, qui ne sont pas prêts à les abandonner, malgré les contestations sociales que leur présence engendre.

 

 

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La Chine et la Russie comme insufflateurs d’une nouvelle idée de l’ONU

Rédigée par Barnabé Chalmin en Février 2015

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La conduite de la nouvelle politique étrangère russe et l'épiphanie de la puissance chinoise, celle-ci ayant compris qu'une puissance globale doit conjuguer hégémonie économique et impulsion décisionnelle politique multilatérale met les Nations Unies au carrefour de son existence. Une réforme profonde de l'organisation n'est pas pour autant nécessaire, du moins dans le sens auquel on l'entend, c'est-à-dire du Conseil de sécurité.

L'Occident affaibli sur de nombreux fronts, tant au niveau de sa sécurité économique que celui de son intégrité voire de sa légitimité n'a plus que pour arme sacrée et juridique aux Nations unies la défense des droits de l'Homme, comme l'a rappelé l'ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies et représentante auprès du Conseil de sécurité Samantha Powers. La Russie a depuis l'arrivée l'arrivée de Poutine mené une politique étrangère imposante, dominée par une doctrine mettant en avant et contre tous les intérêts que la Russie juge primordiaux. La Chine commence également à tirer les bonnes cartes du jeu onusien. Ayant utilisé uniquement cinq fois son droit de véto au Conseil de sécurité depuis 1973, cette dernière s'est opposée déjà quatre fois au processus décisionnel du Conseil depuis le début de la crise syrienne.

A l'initiative du représentant chinois auprès du Conseil, la Chine a organisé une réunion interministérielle aux Nations unies le 23 février dernier. Sous couvert diplomatique d'un échange vouée à la solidarité internationale, la réunion fut très prisée par les États-membres et la République populaire a affirmé sa vision du multilatéralisme, en soulignant son interprétation de la Charte, qui selon elle, met davantage en avant la souveraineté nationale et la non-ingérence que la défense et la promotion des droits de l'Homme. La Chine serait-elle entrain de proposer, à défaut de pouvoir imposer, une nouvelle doctrine aux Nations Unies afin de préparer sa potentielle future hégémonie politique sur la scène multilatérale ?

 

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Un paradis en danger: la problématique sécuritaire à Bali

Rédigée par Thaïs Daufouy / Vigneron-Larosa en Février 2015

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Souvent suspectée d'être au bord de l'éclatement interne avec ses 144 îles et sa tradition hindouiste bien qu’habitée par 200 millions de musulmans, l'Indonésie s'impose comme une nation islamiste dans laquelle les investissements affluent en grand nombre. Les élections présidentielles qui se sont tenues en juillet 2014 ont été l'occasion de dresser un bilan sur un pays qui est passé à travers la crise mondiale avec une croissance de 6% en moyenne. Hormis les tensions avec la Chine sur les questions territoriales, l’Indonésie n' a plus d'ennemi étatique. Néanmoins, les problèmes de sécession, de violence religieuse, de tension idéologique et de conflit politique restent des préoccupations majeures depuis son indépendance en 1949. Les problèmes liés au terrorisme, à la piraterie maritime, à la pèche illégale, aux désastres naturels, aux trafics d'humains et de drogues et autres menaces sécuritaires trans-nationales et non traditionnelles ont fortement augmenté au cours des dernières années. Il n'y a pas de gouvernement islamique car l’opinion s’identifie très nettement à la religion musulmane mais la politique s’en différencie. Le syncrétisme indonésien fait que si l'islam est la première religion du pays, de fortes minorités existent et se concentrent sur certains lieux.

L'île de Bali, destination touristique célèbre, a pour particularité d'être principalement habitée d’hindouistes. À l'instar du reste du pays, mais avec des particularités, Bali souffre de deux problèmes sécuritaires majeurs: celui du terrorisme lié à l'islamisme radical et les risques naturels. Ayant une vision limitée au domaine touristique, de quelle aide nationale et internationale bénéficie Bali face aux menaces?

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