Le retour de la Russie au Moyen-Orient, une mission accomplie

Rédigée par Martin Tammik en Avril 2016

 

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Au 14 mars 2016, Poutine surprend le monde en ordonnant au ministre de la Défense russe, Sergueï Shoigou, un retrait des troupes russes de la République arabe syrienne. Cette annonce fait certainement l’objet d’une surprise pour les médias et le lecteur cependant cet événement tout comme l’arrivée des Russes en Syrie était parfaitement prévisible. À travers une lecture et une visualisation des médias, le grand lecteur peut se rendre compte que Poutine joue une fine stratégie mêlant le sang froid d’un grand maître des échecs et l’habilité de Lionel Messi à dribler face à ses adversaires. Comment comprendre alors l’analyse faite du retrait des troupes russes en Syrie et à quoi devrons-nous nous attendre à l’avenir ?

 

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Lutte d'influence au sein de l'Organisation de Coopération de Shanghai 

Rédigée par Richard Sourdot en Mars 2016

 

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L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), organisation intergouvernementale surnommée d’« OTAN  orientale » , de « nouveau pacte de Varsovie »  ou même de « Club des dictateurs » ,  a été créée le 15 juin 2001 par les représentants de six pays que sont la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Cette organisation intergouvernementale régionale asiatique est une structure complexe au large éventail de domaines de compétences comme l'attestent ses ressorts en matière de politique, d’économie, de culture et d’éducation. C’est toutefois la coopération en matière de sécurité qui aujourd’hui est la plus avancée. 

 

Cette union de puissances fait l’objet de nombreux débats politiques. Des chercheurs comme Sébastien Peyrouse  et Marlène Laruelle considèrent l’OCS comme un moyen pour des Etats partageant une inimitié traditionnelle de coopérer davantage. D’autres considèrent l’organisation comme une preuve de « l’expression de l’hégémonisme russo-chinois au cœur du vieux continent » . Il s’agirait alors d’une alliance stratégique entre le pays le plus vaste du monde et la deuxième économie mondiale afin d’être apte à rivaliser contre les velléités occidentales consistant à imposer leur vision du monde. Selon les deux spécialistes Sébastien Peyrouse et Marlène Laruelle, l’organisation serait vite devenue antioccidentale pour deux raisons. La première raison serait le bombardement  de la Serbie débuté le 23 mars 1999 sans autorisation du Conseil de Sécurité de l’ONU. La deuxième raison serait le bombardement aérien par erreur de l'ambassade de Chine à Belgrade le 7 mai 1999. Cependant, même au sein de l’OCS des rivalités existent, notamment entre la Russie et la Chine. Les enjeux de l’OCS sont en effet considérables car ces pays (les pays-membres, les pays-observateurs, les partenaires de dialogue) représentent 50% de la population mondiale, 25% de la terre ferme et 25% du PIB mondial . De plus, en ce qui concerne les matières premières, 25% des réserves mondiales de pétrole et 50% des réserves de gaz et d’uranium se trouvent sur le territoire des pays membres de l'OCS .

 

En quoi malgré une lutte d’influence sino-russe en Asie centrale, l’Organisation de coopération de Shanghai permet-t-elle à chaque membre de défendre des intérêts communs?

 

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La Russie en Syrie: du partenariat stratégique à la confrontation avec l'Occident

Rédigée par Richard Sourdot en Janvier 2016

 

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La Russie, puissance en quête d’alliés stratégiques dans un cadre d’après guerre froide, cherche plus que jamais à s’imposer sur la scène internationale. Le jusqu’au-boutisme russe dans ses exigences concernant le dossier syrien révèle l’importance décisive de l’avenir de la Syrie pour la puissance russe. En effet, entretenir de bonnes relations avec le pays de « Cham », pays bordant la « mare medi terra », autrement dit la « mer au milieu des terres », constitue un avantage décisif pour le pays le plus vaste du monde dans cette région où intérêts économiques, sécuritaires et diplomatiques se croisent.

 

Dans quelle mesure jouer la carte syrienne sera-t-il déterminant et stratégique pour maintenir son influence au delà de ses frontières et confirmer sa crédibilité à l’échelle internationale ?

 

 

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La Russie a-t-elle vraiment besoin d’un accord sur le nucléaire iranien ?

Rédigée par Martin Tammik en Avril 2015


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Un accord-cadre a été trouvé à Lausanne pour régler le dossier du nucléaire iranien. Maintenant, le groupe de « P5+1 & Iran » a jusqu’au 30 juin pour établir l’accord final.


Dès le lendemain, l’on a pu lire dans plusieurs journaux américains et européens la nouvelle de la chute du prix du Brent suite à l’information de l’évolution des négociations en Suisse. Rien de surprenant, l’Iran disposant de grandes réserves de pétrole, verra certainement les sanctions levées et son exportation de pétrole pourrait reprendre sur le marché mondial. Cependant, comme beaucoup d’analystes l’ont fait remarquer, la levée des sanctions américaines semble compliquée et demandera à l’administration Obama beaucoup d’adresse pour convaincre le Congrès.


Un autre pays de la région, Israël, déclare que cet accord est « une erreur historique » et met en péril sa sécurité. D’ailleurs, l’argument de la sécurité israélienne a été souvent mis en avant par le Premier ministre Netanyahou lors de la session plénière de l’Assemblée générale de l’ONU. On se souvient du schéma de la bombe nucléaire présenté par le chef du gouvernement israélien qui expliquait en quoi consistait la menace pour Israël. Maintenant que nous avons des assurances sur les intentions pacifiques du programme nucléaire iranien, cela reste tout de même une menace.


Mais voilà que l’on s’est concentré, dans les médias, sur le point de vue des Américains, des Israéliens et même des Saoudiens qui ont lancé une opération au Yémen, mais peu d’articles sur les effets que cet accord pourrait avoir sur les autres acteurs, notamment la Chine et la Russie, et leurs politiques extérieures.


Bien qu’il paraisse satisfaisant aux vues des exigences de la communauté internationale, cet accord pourrait ne pas contenter totalement la Russie, qui s'était pourtant montrée très impliquée. Il conviendrait donc de se pencher plus précisément sur les perspectives russes.

 

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L’arctique, entre nouvelles potentialités et tensions géopolitiques

Rédigée par Inès Dajon-Lamare en Mars 2015

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Etant donné les conditions climatiques et océanologiques extrêmes, l’Arctique a longtemps été délaissé à l’exception d’expéditions scientifiques. Mais, en ce début de XXIème siècle, les effets du changement climatique ainsi que la découverte de ressources naturelles potentiellement importantes bouleversent les équilibres, faisant de cette région l’un des territoires les plus convoités de la planète.

En termes de définition, délimiter la région polaire arctique s’avère complexe du fait de la multitude de définitions. Les géologues, les géographes ou encore les climatologues ont ainsi, chacun une définition différente de ce que l’on peut appeler l’Arctique, et des limites de ce dernier. Eric Canobbio définit l’Arctique, dans son ouvrage Mondes Arctiques, Miroirs de la Mondialisation, comme « étant astronomiquement la région bornée par le cercle polaire arctique : 66°33’ de latitude nord. Cette limite commode car stable définit un espace de 21 324 000 km2 « composé, pour les deux tiers de l’Océan Glacial Arctique et pour un tiers, des terres côtières. Cinq pays sont riverains et se disputent la maîtrise de cet océan : le Canada, le Danemark (via le Groenland et les Iles Féroé), les Etats-Unis, la Norvège et la Russie.

L’Arctique peut-il représenter un atout majeur pour la Russie ?

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La Chine et la Russie comme insufflateurs d’une nouvelle idée de l’ONU

Rédigée par Barnabé Chalmin en Février 2015

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La conduite de la nouvelle politique étrangère russe et l'épiphanie de la puissance chinoise, celle-ci ayant compris qu'une puissance globale doit conjuguer hégémonie économique et impulsion décisionnelle politique multilatérale met les Nations Unies au carrefour de son existence. Une réforme profonde de l'organisation n'est pas pour autant nécessaire, du moins dans le sens auquel on l'entend, c'est-à-dire du Conseil de sécurité.

L'Occident affaibli sur de nombreux fronts, tant au niveau de sa sécurité économique que celui de son intégrité voire de sa légitimité n'a plus que pour arme sacrée et juridique aux Nations unies la défense des droits de l'Homme, comme l'a rappelé l'ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies et représentante auprès du Conseil de sécurité Samantha Powers. La Russie a depuis l'arrivée l'arrivée de Poutine mené une politique étrangère imposante, dominée par une doctrine mettant en avant et contre tous les intérêts que la Russie juge primordiaux. La Chine commence également à tirer les bonnes cartes du jeu onusien. Ayant utilisé uniquement cinq fois son droit de véto au Conseil de sécurité depuis 1973, cette dernière s'est opposée déjà quatre fois au processus décisionnel du Conseil depuis le début de la crise syrienne.

A l'initiative du représentant chinois auprès du Conseil, la Chine a organisé une réunion interministérielle aux Nations unies le 23 février dernier. Sous couvert diplomatique d'un échange vouée à la solidarité internationale, la réunion fut très prisée par les États-membres et la République populaire a affirmé sa vision du multilatéralisme, en soulignant son interprétation de la Charte, qui selon elle, met davantage en avant la souveraineté nationale et la non-ingérence que la défense et la promotion des droits de l'Homme. La Chine serait-elle entrain de proposer, à défaut de pouvoir imposer, une nouvelle doctrine aux Nations Unies afin de préparer sa potentielle future hégémonie politique sur la scène multilatérale ?

 

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Russie et Iran, simple entente ou véritable alliance ?

Rédigée par Richard Sourdot en Février 2015

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En raison des crises épisodiques, les politiques étrangères de l'Occident et de la Russie ont évolué et les alliances et partenariats se modifient encore aujourd'hui.

L’Iran s’inscrit dans une double actualité : une actualité interne avec les élections nationales et le défi démocratique mais aussi externe avec les conflits qui entachent la région. Il est donc judicieux de penser l’Iran dans sa centralité géoéconomique et géopolitique.

S’intéresser à l’Iran c’est s’intéresser à un carrefour de civilisation dans une zone en crise. Depuis la chute du Chah d’Iran en 1979, des relations russo-américaines tendues sont synonymes de rapprochement entre Moscou et Téhéran. A cette « constante géopolitique » vient s’ajouter depuis le 15 mars 2011, le conflit syrien. Depuis l’avènement de ce conflit et désormais guerre civile, on a pu constater un rapprochement idéologique considérable entre la Fédération de Russie et la République Islamique d’Iran. Désormais, l'Iran se retrouve au centre des attentions géopoliticiennes de nombreux pays en raison du « dossier nucléaire » sensible. Mais l'Iran occupe également une place centrale dans l'actualité énergétique avec l'embargo sur le pétrole qui lui est infligé.

Dans quelle mesure peut-on constater un rapprochement diplomatique et économique entre Moscou et Téhéran ? Quels sont les terrains d'entente entre ces deux puissances ?

 

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La neutralité suédoise à nouveau à l’épreuve face à la Russie de Poutine

Rédigée par Raphaël Caron en Novembre 2014

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L’affaire du sous-marin introuvable au large de l’archipel de Stockholm et les différentes opérations aériennes russes menées récemment dans l’espace aérien suédois ravivent une tension qui avait disparu dans les relations russo-suédoises depuis la guerre froide. Pourquoi la Suède, officiellement neutre depuis le XIXème siècle, doit-elle faire face à la réapparition du spectre menaçant de la Russie, rival d’un autre temps ?

La Suède et la Russie vécurent pendant très longtemps des relations particulièrement conflictuelles. Voisins à partir de la fin du Moyen-Âge, les Suédois et les Russes se livrèrent de nombreuses guerres au faîte de la puissance du royaume suédois, à savoir depuis la moitié du XVIème siècle à 1809, date à laquelle les Suédois furent contraints de signer la paix et de céder la Finlande face à une alliance éphémère de la France napoléonienne, de la Russie d’Alexandre Ier et du royaume du Danemark.

Ainsi, les Suédois, signant une paix douloureuse adoptèrent par la suite en 1864 une politique de neutralité.

Mais pourquoi les Russes se braquent-ils alors depuis quelques mois sur le paisible pays scandinave ? Faut-il y voir un impérialisme poutinien ? La réalité est bien plus complexe.

 

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